Point de vue

Par Élie Sloïm, le 2 mars 2009, dans .

Le formulaire de contact du site Temesis est souvent utilisé pour signaler des bugs ou pour demander des renseignements commerciaux. Il arrive assez souvent que ce formulaire soit utilisé pour nous communiquer des points de vue généraux sur nos métiers. J’ai reçu récemment un message de ce type d’un indépendant, et avec son autorisation, je vous le reproduis ici. Je laisse donc la parole à M.F., qui lance le débat.

”Bonjour, cela fait quelques années maintenant que je me suis réorienté dans ce domaine des bonnes pratiques de la création Web xhtml/css, SEO, en parallèle de la programmation PHP que j’affectionne particulièrement à tel point que je comble mes moments de vide par la création d’idées de sites multiples…

J’utilise aussi JQuery, des CMS comme Drupal, Joomla, WordPress… me forme actuellement sur Adobe Flex, pour rester en contact avec les évolution des modèles de syntaxe et autres effets de mode que l’on nommera surement par abus “web 3.0”.

Depuis quelques années de même j’effectue de la veille sur les domaines de l’hébergement, de la distribution de contenu pour offrir la meilleure qualité de services possible.

Actuellement en micro-entreprise (depuis bientôt deux ans), j’avoue avoir de plus en plus de mal a trouver des appels d’offre pour des sites en web pur normalisé, privilégiant, le minimalisme aussi bien niveau code que graphique.

En effet il me parait essentiel de réduire le “gadget” au profit de l’accessibilité, de la formation d’équipe pour la prise en main (en général pour le backoffice), de l’étude au sein de l’entreprise permettant de faire ressortir les besoins en terme de gestion d’information, valorisant ainsi d’autant plus ma prestation.

D’autre part, l’optimisation du processus de calcul et de distribution d’un web (selon les bonnes pratiques édictées par la plupart des entreprises qui ont été amenées à optimiser leurs sites à très haut trafic et qui ont souvent été amenés a créer/distribuer leurs propres framework js).

Le constat, à mon échelle de consultant (micro-entreprise) bien entendu, est que la majorité du temps les budgets sont très mal évalués coté client, bas, donc trés souvent à perte pour le prestataire s\’il ne rentre pas dans une certaine logique… Tenant compte de cela, il est très difficile de ne pas tomber dans le web \”industriel\” bête et méchant au dépend des points qualitatifs des bonnes pratiques, cités plus haut.

Je suis retombé sur votre site suite a un forward d’une conférence sur la problématique “Pourquoi apprendre si Google sait\” sur le site aecom.org, dans lequel on présente entre autre le projet Opquast qui avait attiré, tout comme Openweb à l’époque de “ma rédemption”, mon attention.

Voilà, tout ça pour vous donner mon témoignage et faire partager un peu mon ressenti d’indépendant qui ne veut pas lâcher l’affaire face au manque de reconnaissance du travail bien fait, pour qui la vie reste et restera un éternel apprentissage et accomplissement.”

6 commentaire(s)

  1. Par Mohammade Check, le 2 mars 2009 à 14 h 56 min :

    Je suis d’accord sur l’idée de faire attention aux bonnes pratiques liées au web,
    néanmoins je pense aussi qu’il est nécessaire de faire preuve d’un certain pragmatisme.

    Je vois beaucoup de développeurs web devenir des évangélistes des bonnes pratiques (et c’est bien), mais attention à ne pas tomber dans l’extrême.

    Le guide de bonnes pratiques que constitue Opquast est un outil formidable en tant qu’indicateur éventuel de problèmes, mais développer/concevoir proprement n’implique pas toujours un score de 100% sur ses audits (si on utilise Opquast – et je le recommande).

    Les bonnes pratiques constituent dans ce sens un garde fou pour le concepteur.

    Si “réduire le gagdget” au profit de l’accéssibilité est effectivement une bonne chose dans certaines situations, certaines entreprises doivent, de par leur secteur d’activité, fournir des gadgets à leurs visiteurs – au détriment de l’accéssibilité… ou pas.

    Identifier clairement les besoins du client, l’accompagner dans sa réflexion, éventuellement l’éduquer sont des tâches qui a priori ne rentrent pas dans le cadre direct de notre travail.
    C’est cependant en mettant l’accent sur ce genre de choses qu’on démontre notre maîtrise et notre connaissance de la réalité du web aux clients.
    Jeff Zeldman a bien souligné qu’un site sans le respect des standards dans son ADN est voué à l’échec. L’expression de cet ADN peut néanmoins prendre bien des formes.

    J’aimerai réagir à ce passage:

    “sites en web pur normalisé, privilégiant, le minimalisme aussi bien niveau code que graphique.”

    Un site web doit privilégier l’accès à sa cible (souvent définie par une segmentation marketing, soit) et c’est ça qui est le plus important.
    Cet accès passe par un démarche SEO maitrisée, un effort d’accéssibilité, le respect des standards W3C, etc
    mais encore une fois, ça ne doit pas toujours se passer sans compromis.

    Et pour terminer je dirai que le respect des bonnes pratiques peut se faire sans pour autant avoir un site minimaliste – ce qui par ailleurs sonne un peu comme:
    Un site respectant les standards est moche.

    Le web et ses bonnes pratiques ne sont pas une affaire de tout ou rien et le mieux est toujours d’avoir une démarche réfléchie par rapport aux projets.

    @M.F.
    Votre prestation sera valorisée par votre capacitée à joindre les 2 bouts.
    Si votre client veut un gadget il n’y probablement pas qu’un seul moyen d’arriver au résultat voulu et votre capacité à:
    – démontrer le bénéfice pour l’entreprise d’un développement respectueux des standards (accessibilité mais aussi seo, cross-compatibility des navigateurs et OS, etc)
    – Donner la bonne direction au développement (“c’est possible de le faire proprement, voilà comment faire…”)
    – Proposer vos propres design patterns (profitez des temps morts que vous évoquez) pour réduire les coûts

    enfin ça n’est que mon humble avis 🙂

  2. Par Frank Taillandier, le 2 mars 2009 à 14 h 59 min :

    La dure réalité du marché et c’est pas la crise qui devrait arranger les choses. Pas facile d’éduquer le client et de dire non si un projet est non-rentable.

    De mon côté je dois avouer que c’est ton article sur la sur-qualité™ qui me hante, mais là on parle plus de sous-qualité.

  3. Par tetue, le 2 mars 2009 à 17 h 56 min :

    Hélas, hélas, hélas… Rien à ajouter, ni réconfort, ni bonne idée. Je compatis bêtement en attendant des jours meilleurs. Lasse, hélas.

  4. Par Oric, le 3 mars 2009 à 10 h 20 min :

    Peut être que la crise a du bon pour ceux qui ont investi pour apprendre à produire des sites de qualité et à communiquer dessus.

    Avec la crise (la crise a bon dos !), les décideurs vont devoir faire avec des budgets plus restreints qu’auparavant.
    Pour ceux (les pro du web) qui auront appris à vendre la “qualité” (ergo, usabilité, référentiels, accessibilité etc…), les opportunités devraient être là, sinon je ne comprend plus rien.
    Bien sûr, je ne suis pas naïf, et je sais bien qu’il y a des paramètres (humains ?) qui échappent à toute logique.

    Concernant la reconnaissance, je crois surtout qu’il faut qu’on arrête de croire que ç’est un dût. Ca peut arriver, oui, mais ce n’est pas un but, c’est au mieux une conséquence heureuse.
    C’est peut être même le principal frein à la progression des “standards web”.

    Un des plus grand message, je trouve, de la journée décideur de paris web 2008, c’est que les intervenants aient souvent dit “On s’en fou des standards”.
    Ca remet un peu en perspective le pourquoi ont fait des standards, de prendre du recul par rapport à notre métier et comment on communique dessus.

    my 2 cts

  5. Par Oric, le 3 mars 2009 à 12 h 41 min :

    Je viens juste de lire Mohammade Check. Ca résume 10 fois mieux ce que je voulais dire 🙂

  6. Par rico, le 26 mars 2009 à 12 h 28 min :

    A mon humble avis et avec ma vision de petit entrepreneur, je vais dans le sens de MF mais avec un peu plus d’optimisme. Je suis d’accord sur le fait qu’il est toujours difficile d’arriver à vendre au juste prix des prestations de qualité à tous les niveaux de la chaine : rédaction des spécifications, graphisme, intégration pleinement orientée utilisabilité (accessibilité, sémantique, interopérabilité,…). Mais je sens cependant le vent tourné chez les grands comptes notamment et les grands institutionnels. En effet chez ces cibles particulières la sensibilisation à la démarche de qualité menée par des fers de lance comme temesis porte ses fruits (du moins c’est ce que je perçois). Assez curieusement c’est par des effets annexes mais fondamentaux que cette fibre sensible se développe… Il reste très souvent impossible de vendre le surcout lié à une réelle démarche d’accessibilité à son juste prix, mais de plus en plus possible de vendre cette même démarche en montrant son efficacité en terme de référencement naturel et de visibilité sur les moteurs. Si nous arrivons à convaincre les clients de réunir les budgets création de site + liens sponsorisés en un seul budget dédié uniquement à la création du site cela permet de créer un site bien plus qualitatif et donc mieux référencé et visible, et à ce niveau je crois que tout le monde y gagne.
    Enfin, à propos de la crise, il me semble également qu’elle ne tendra pas à serrer les budgets mais plutôt en émergera une volonté d’investir à bon escient et pour l’avenir donc à augmenter le budget de base de création d’un site pour éviter de le refaire quelques mois plus tard car des points clés comme le référencement ou la portabilité ont été ignorés.

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