Qualité et accessibilité sur Archimag

Par Élie Sloïm, le 19 novembre 2010, dans .

Le magazine Archimag m’a demandé de produire un article méthodologique pour son numéro de novembre, intitulé “Améliorer la qualité et l’accessibilité Web”. Parmi les questions abordées,  figure celle-ci : “faut-il choisir un référentiel qualité, un référentiel accessibilité, ou les deux, et si oui, comment les utiliser intelligemment pour améliorer un site ou un parc de sites ?“. Armony Altinier, Directrice de ACS Horizons, société spécialisée dans l’accessibilité numérique, m’a envoyé un petit message pour m’indiquer qu’un de mes propos à ce sujet pouvait être mal compris. Voici le passage en question : Faut-il choisir un référentiel d’accessibilité, un référentiel de qualité ou les deux ?

  • Le choix d’un référentiel d’accessibilité permettra d’atteindre un haut niveau d’accessibilité mais implique de laisser de côté des points importants comme la performance ou la sécurité.
  • Le choix d’un référentiel de qualité permet quant à lui de traiter tous les aspects de la qualité d’un site mais ne permet pas d’atteindre un très haut niveau d’accessibilité.

Armony me dit : “En lisant cela, on ne peut que conclure : ben l’accessibilité va à l’encontre de la sécurité et de la performance, autant miser sur la qualité (avec Opquast bien sûr…) quitte à n’avoir qu’un niveau moyen, même si pas parfait, c’est mieux que pas du tout.“.

Bien entendu, il est hors de question de penser ou de laisser penser que “l’accessibilité va à l’encontre de la sécurité et de la performance”. Au contraire, en ce qui concerne la performance, le respect d’un standard accessibilité permet d’améliorer la performance d’un site notamment grâce à la séparation du fond et de la forme, et à l’utilisation massive des styles.

Cependant, le choix exclusif d’un référentiel accessibilité peut conduire à consacrer des moyens très importants et mêmes démesurés pour atteindre de très hauts niveaux d’accessibilité, quitte à laisser de côté d’autres points de la qualité Web qui méritent autant d’attention que les critères d’accessibilité, et surtout, qui concernent AUSSI les personnes handicapées.

Il s’agit par exemple fréquemment du fonctionnement du site avec ou sans www, des contenus soulignés qui ne sont pas des hyperliens ou encore de la configuration du cache. Si vous saviez le nombre de fois où j’ai vu des sites respectant les critères d’accessibilité à la lettre ne pas respecter ces critères de base…

En fait, le choix exclusif d’un référentiel accessibilité ne nuit jamais. Mais s’il est mal utilisé, il augmente les risques d’apparition de problèmes de sécurité, de performances. La raison en est simple : lorsque l’on se focalise sur un seul objectif et qu’on a à sa disposition un temps ou des moyens limités, on augmente le risque de laisser passer des choses importantes.

De la même façon, le choix de porter l’effort sur le respect strict des standards du W3C ou même d’un référentiel qualité transversal comme Opquast comporte également des risques. Pour vous en convaincre, lisez ou relisez l’article OpenWeb “Conformité, validation et surqualité” paru en 2005 ou 2006 .

Les référentiels sont des outils qui demandent à être utilisés de façon éclairée et tolérante : quel  que soit les référentiels que vous allez utiliser, ce ne sont que des outils. Avec un marteau, on peut planter des clous ou fracasser des têtes. N’accusons pas le marteau et méfions-nous de celui qui le tient 😉

2 commentaire(s)

  1. (Je vais parler de ma boîte dans un commentaire fait en mon nom, une fois n’est pas coutume)

    Dans le groupe Orange-France Télécom, il existe une cellule appelée APT (Architecture, Processus et Technologies) qui regroupe plus de 80 personnes et dont chaque branche est spécialiste dans un domaine : l’architecture technique, l’architecture logicielle, les outils (qu’on package pour faire gagner du temps aux développeurs), la sécurité, l’accessibilité, l’ergonomie, la performance, et j’en oublie sans doute.

    Toujours est-il que pendant plusieurs années l’habitude était de faire nos documents de recommandations chacun dans son coin, non pas par mauvaise volonté mais parce qu’il n’était pas si évident de voir le lien entre tout ça.

    Maintenant nous avons un travail concerté : les gens qui font les livrables performance par exemple savent qu’il peut y avoir des impacts sur l’accessibilité, donc nous sommes dans la boucle des relecteurs, et inversement nous soumettons tous nos livrables aux autres équipes, parce que certains choix que nous pourrions pousser ne sont pas forcément conformes avec la politique d’entreprise notamment en termes de choix des outils, des frameworks, etc.

    Et c’est beaucoup plus profitable à l’ensemble du groupe.

    Je te rejoins donc complètement et je n’ai pas trouvé ta formulation trop ambiguë. Mais si elle était mal comprise alors tu as bien fait de repréciser.

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