Edito lettre qualité Web N°16 : spécialistes ou généralistes

Par Élie Sloïm, le 4 mai 2015, dans .

Tous les mois, nous envoyons la lettre de la qualité Web à environ 2000 abonnés. Chaque numéro de cette newsletter est précédé d’un éditorial. Suite à quelques remarques plutôt agréables au sujet de l’éditorial du dernier numéro j’ai décidé de le reprendre ici. Vos commentaires et réaction sont les bienvenus.

Éditorial du 30 avril 2015 (numéro 16)

Donnez un coup de pied dans un arbre, et il en tombera probablement 4 ou 5 spécialistes. Data scientist, UX manager, Ingénieur Cloud, Traffic manager etc. Et il y a encore des milliers de métiers à inventer. C’est merveilleux, le bingo des métiers de l’Internet est ouvert. Sauf que pour l’instant, la plupart de ces métiers s’apprennent sur le tas, avec une connaissance très partielle de ce qu’est Internet et le Web, de la façon dont il fonctionne, dont les pages s’affichent, dont les profils d’utilisateurs l’utilisent. C’est un peu comme si dès le début du cycle supérieur, la médecine formait directement des cardiologues, des oncologues ou des radiologues en 2 ou 3 ans et les lâchait dans la nature en leur disant : tu es maintenant un spécialiste. Pour ce qui concerne les matières de base comme l’anatomie, la chimie, la physiologie, tu les apprendras sur le tas pendant ta carrière. Bien évidemment, ce n’est pas comme ça qu’on développe des pratiques professionnelles solides dans un secteur mature. Beaucoup d’écoles du Web l’ont bien compris qui commencent à mettre en place des formations généralistes. Beaucoup de professionnels, à commencer par les chefs de projet commencent à comprendre que, plutôt qu’une expertise sur un sujet particulier, ce sont les fondamentaux de l’ensemble des sujets concernés qui leurs sont nécessaires pour travailler. Et comme dans le secteur médical, les métiers de l’Internet doivent comprendre à la fois des généralistes et des spécialistes, qui savent aussi bien les uns que les autres où ils se situent, ce qu’ils savent, ce qu’ils ne savent pas, la valeur des autres et la façon de travailler ensemble.

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1 commentaire(s)

  1. Par Nico, le 4 mai 2015 à 15 h 35 min :

    La métaphore de la médecine est très juste et très pertinente à mon avis 🙂

    Il y a peu, j’ai eu le plaisir d’assister à TEDx Geneva. Une intervention de Michel Milinkovitch (un bio-physicien) m’a particulièrement marqué, dont le sujet était : Crossing scientific disciplines for uncovering the beauty of biological complexity.

    Grosso modo (je résume très vulgairement) : il parlait des mathématiques, de la physique et de la chimie. Chacun était représenté sous la forme d’un arbre, et il expliquait que quand on se spécialise, on devient expert dans une branche (tout au bout de l’arbre), mais on ignore totalement tout le reste.

    Son idée était de dire : les experts sont top dans leur domaine, mais sont vraiment limités pour des problèmes qui font intervenir plusieurs rayons de compétences (autant dans l’approche, trop cantonnée à leurs connaissances, que dans la résolution pure). Son idée était qu’en combinant des disciplines, cela permettait des approches nouvelles, plus efficaces, plus créatives, etc.

    Clairement, j’ai pensé aux domaines du web. Où l’on a de plus en plus de méga-experts dans divers domaines, mais sans avoir les bases générales ou une certaine vision d’ensemble. Je me dis que si l’on va droit vers ce dont certains scientifiques reviennent, peut-être serait-il sage de réfléchir avant d’y foncer tête baissée…

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