Hoverdose de survols

Par Élie Sloïm, le 25 mai 2005, dans .

Que pensez vous des effets de survol ? N’avez vous pas l’impression que depuis quelques temps, il en est fait une utilisation forcénée sinon abusive. Je m’explique : il y a bien longtemps (je n’ai pas réussi à trouver la date précise, mais certainement avant 2000), Vincent Flanders dénonçait ce que l’on appelle la « Mystery meat navigation », qui consiste à proposer des informations essentielles via un survol de la souris. Dans cet excellent et hilarant article, Vincent donnait quelque exemples de ce principe transposé dans la vie quotidienne. Je vous invite notamment à passer votre souris sur le panneau de signalisation. Vous aurez instantanément une idée que ce type de comportement pourrait générer comme problèmes et incompréhensions dans la vie quotidienne.

Depuis deux ans à peu près nous discutons avec nos collègues d’Opquast sur les meilleures pratiques en matière de signalisation des hyperliens. Nous sommes ainsi tombé sur quelques instructions de base comme le fait de n’utiliser le soulignement que pour les hyperliens (ce qui n’impose nullement le soulignement pour les hyperliens, relisez bien 😉 et par ailleurs, nous avons facilement obtenu un consensus autour du fait que les liens hypertexte sont visuellement différenciés du reste du contenu

Mais depuis quelques temps, la grande mode est de faire en sorte que les liens ne soient soulignés que lors de leur survol. Par exemple, lorsque vous arrivez sur une page Web comme celle du journal le monde ou encore sur le site de libération, et d’un simple regard sur la page, vous ne pouvez pas savoir où sont les liens. Pour visualiser ceux-ci, il vous faudra les survoler.

Sur le site du Figaro, c’est encore pire, puisque le soulignement n’est même plus utilisé au survol, au profit d’une modification de couleur qui rend vain tout repérage par un malvoyant ou un daltonien, ce qui est mon cas.

Depuis un bon moment, j’avais envie d’écrire un billet sur cette question, mais je ne m’étais jamais lancé. Le coup de grâce me fut donné l’autre jour lorsque je suis tombé sur le site du Nouvel Observateur.

J’ai donc choisi un article au hasard qui devrait vous donner une idée de la crise de survolite que nous traversons : en passant votre souris sur certaines parties du texte, vous verrez celui-ci changer de couleur. Ces textes sont ils pour autant cliquables ? Pas du tout. Ce ne sont pas des liens.

Alors, pourquoi ce comportement (!) ? Quelle utilité pour les internautes ? Juste pour les induire en erreur ? Parce que ça fait joli et dynamique ?
J’ai une autre hypothèse : les adeptes de la survolite se sont peut-être contenté de survoler leurs manuels d’ergonomie 😉

Il me semble que l’un des principaux atouts d’un lien, c’est qu’il puisse être repéré sans qu’un utilisateur ait à mener l’enquête. Que de très nombreux webmasters trouvent ça « fun » de ne rendre les liens visibles qu’au survol, ça me fait un peu mal, mais admettons, c’est la mode, et ça ne se discute pas. Mais lorsque les webmasters commencent à semer des faux liens survolables non cliquables, je me dis que tout celà va un peu trop loin.

Arrétons de survoler et atterissons 😉
Elie Sloïm

7 commentaire(s)

  1. Pourquoi ne pas inventer un petit logo ou typo, qui signalerais
    un lien, je dis cela car je ne suis pas partisan du underline.
    Par contre j’adhère totalement a ce mécontentement.
    A part les liens soulignés y a t’il une autre alternative ?

    Michel

  2. C’est criant de vérité tout ça ! J’en suis moi-même revenu de cette débauche de moyen techniques n’ayant pour but que de prouver que l’on sait faire ! Certainement une erreur de débutant… c’est mon avis et je le partage ;oD

  3. Hover dose… avec un H ?

    Le bleu souligné reste une valeur très sure : compris comme un lien instantanémentpar tout lecteur…

    le seul écueil à éviter: parsemer trop de liens dans un texte, ce qui créée un effet "mosaique" (alternance trop fréquente de bleu souligné et de noir, par exemple) plus que désagréable à l’oeil.

    autre bêtise à ne pas faire: certains webmestre trouvent rigolo de modifier la petite main qui s’affiche à la place de la flèche du curseur lorsqu’on survole un lien. Certains laissent la flèche, d’autres utilisent d’autres symboles plus ou moins compréhensibles par l’utilisateur moyen.

    Il y a une fraction encore non négligeable des utilisateurs pour qui ce genre de pratique est perturbante. A proscrire.

  4. Vincent,
    Le H de Hoverdose était une allusion à l’utilisation de l’effet de survol "Hover".
    La faute était trop grosse pour n’être pas volontaire 😉

  5. L’absence de soulignement pour indiquer un lien est en effet une mauvaise pratique sur un site où il y a relativement peu de liens.

    Par contre, sur une page d’accueil comme celle de liberation.fr qui n’est composée que de liens (ou presque), cela ferait une page visuellement beaucoup trop chargée s’ils étaient tous soulignés.

    Au contraire, dans ce cas, le fait de nous souligner le lien qu’au survol est pratique pour repérer quelle portion de texte compose le lien.

  6. Bonjour Sylvain,
    La page serait effectivement très chargée si le mode de signalement des liens était le soulignement, mais il y a une multitude d’autres moyens de signaler des liens, comme un léger changement de graisse ou de couleur (pas accessible en soi, mais bon), voire un soulignement très léger, enfin, ce n’est certainement pas facile à traiter sur ce genre de page, mais je mettrai ma main à couper que tôt ou tard, Libé et les autres reviendront à un vrai signalement des liens. Il sera alors intéressant de regarder les stats du nombre de pages vues.

  7. l’effet Hover est peut-être une vieille résistance de la Mère papier…En effet, j’entend souvent les Papilis (ceux qui veulent qu’on lise le Web comme sur du papier) être embarassés par les hyperliens dans le fil du texte, penser que le lecteur va cliquer tout de suite et ne jamais revenir.
    On m’a appris il y a quelques années à mettre les liens hypertextes en cartouche à la fin (je ne le fais pas presque plus…le ‘blank’est une bonne réponse rassurante).

    On a toujours peur d’un labyrinthe avant d’y rentrer…C’est difficile d’expliquer que lorsqu’on en sort, on a beaucoup plus appris.
    Voilà, tout ça pour dire que les webmasters flattent peut-être le lecteur "Old School" qui a peur de l’hypertexte en Hoverdosant leurs pages ou ont cédés devant leur Directeur de la Publication les obligeant à enlever ces traits désobligeants…
    En effet, on peut penser qu’une personne âgée qui n’a plus toutes ses facultés, ne va pas trop toucher la souris, donc ne verra pas les liens, donc ne sera pas perturbé…Il croira lire une feuille et sera rassuré.
    Donc, ce serait la faute des Cyberpapis…
    Une autre explication viendrait du fait que de plus en plus de pages sont désormais fabriquées depuis des CMS par les journalistes eux mêmes (qui s’en foutent royalement de l’ergonomie…"Only the fact")et l’hover est souvent prédéfinis par défaut comme attibut de l’hyperlien dans les "gros" softs de gestion de contenu.
    Donc c’est à mon avis pas effexprès, pas un effet de mode, juste le fait que de plus en plus de personnes contribuent en direct au contenu d’un site et ont acceptées de placer des liens dans le fil du texte…Et que les concepteurs des CMS n’avaient pas pensé à ça…
    Un administrateur de sites

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