Dis donc ? (toi qui t’y connais en informatique)

Par Élie Sloïm, le 3 mars 2007, dans .

Travailler dans les technologies de l’information n’a pas que des avantages. Depuis quelques temps, le simple fait d’avoir quelque chose à voir avec le secteur suffit à vous transformer au choix en hotline 7/7, en technicien de maintenance, en prof d’informatique, ou encore en système antivirus à vous tout seul.

Pour tout vous dire, j’ai pris conscience de ce fait l’année dernière. Au cours d’un déplacement, j’intervenais avec un consultant de mes amis. Vers 19h30, son téléphone portable a sonné. L’échange a donné quelque chose comme ça :

– Allo bonjour,
– …
– Non, mets là en JPEG

A ce stade de la conversation téléphonique, je pensais qu’il échangeait avec un de ses collaborateurs.

– …
– Oui, en JPEG
– …
– C’est un format d’image pour le web
– …
– Prends un logiciel de retouche d’image
– …
– Ah non, ça c’est un logiciel pour naviguer sur le web, pas un logiciel de….

etc…

Au bout de cinq à six minutes, le consultant, qui commençait à s’enérver, a fini par dire :
– Ecoute, papa, là, je ne peux pas trop t’aider, on se voit ce week-end, je te donnerai un coup de main.

Au cours de la discussion qui a suivi, nous nous sommes rendu compte que nos proches avaient la sale manie de nous solliciter à tout bout de champ pour tout problème lié à l’informatique.

Ces derniers temps, en ce qui me concerne, ça devient terrible. J’aide mon père à configurer son ordinateur, sa connexion Wifi, son téléphone, sa télé ou encore le filtre parental de mes neveux. Je précise que mon père est un type formidable, mais que pour ma santé mentale, il aurait mieux valu qu’il ignore à jamais l’existence des ordinateurs 😉

Bon, ce n’est pas tout, dans ma rue, l’un de mes voisins m’a repéré, puis un autre, les deux fois pour des ordinateurs à réparer. Pire, ils m’ont dénoncé à Paulette, ma voisine, qui n’est plus toute jeune, et qui a son magnétoscope qui déconne. Car oui, par extension, du simple fait d’être un professionnel en contact de près lou de loin avec un ordinateur, vous devenez un demi-Dieu de tout ce qui comporte un ou plusieurs circuits imprimés.

Je ne suis qu’au début de cette longue mue qui me verra devenir un réparateur multitâche et ultra disponible. Une espèce d’Harry Tuttle, braconnier de l’informatique, en quelque sorte.

Si ça se trouve, je suis doucement en train de me transformer en technicien hotline, exaspéré plus souvent qu’à son tour par l’incompétence de ses interlocuteurs, mais quand même soucieux de les aider, quoi qu’il en coûte. Je fais des cauchemars ou je suis avec mon micro casque sur une plate-forme de 200 personnes. Dans mon rève, je tente de conserver mon calme en expliquant le fonctionnement d’un réveille-matin ou d’un zyglotron tubulaire.

Je précise que ce nouveau métier s’exerce essentiellement les week-ends, soirées et jours fériés, mais qu’il peut également empiêter sur le temps de travail normal, pendant les missions de conseil, les formations, les déplacements. Pas de problème, il suffit d’être joignable 😉

Le secteur de l’assistance informatique a de beaux jours devant lui. En attendant, je vais me renseigner pour savoir si un consultant peut bénéficier du chèque emploi service 😉

17 commentaire(s)

  1. Ah ah ^^ je crois que c’est le quotidien de toute personne travaillant dans l’"informatique". Et le bouche à oreilles fonctionne très bien … toutes les amies de ma mère savent où appeler en cas de pépin.
    Mais c’est pour moi l’occasion de dépoussiérer toutes les saletés qui y trainent et de leur remplacer Internet Explorer et Outlook Express par Firefox et Thunderbird. Systématiquement, les ordinateurs ne s’en portaient que mieux.

  2. Et bien pour ma part, j’ai une réponse toute prête, un peu lâche je l’avoue, mais très utile (non utilisée pour les proches) : "Ho, tu sais, moi je suis sur Mac. Ton PC, j’y comprends rien."

  3. Rien que l’évocation du terme chèque-emploi-service (et de la notion adjacente de rémunération) devrait tarir la source de nouveaux prospects et fixer des limites raisonnables aux échanges de bons procédés (réparations gratuites contre opportunités d’exercer son loisir/passion).

    Ce n’est pas propre au domaine informatique, c’est seulement la preuve que ces gens ont détectés chez vous que votre métier vous plaît, et que eux n’y comprennent vraiment rien (même pas assez, d’ailleurs, pour savoir ce que vous faite).

  4. Ce que les gens confondent généralement (dans mon cas), c’est mon travail (usability consultant dans une agence web) et mon outils de travail (web, informatique).

    D’où l’amalgame entre "tu travailles dans le web" et "tu t’y connais en informatique".

  5. MDR !
    excellent billet ! j’ai aussi eu 2 demandes ce samedi. j’ai deux ordinateurs (des croutes de plus de 5 ans) qui m’attendent… Que du bonheur

    La petite phrase qui me fait craquer çà chaque fois

    allez steplait jette juste un coup d’oeil si tu peux rien faire c’est pas grave….

    arrrg

  6. Je dois dire que je profite d’un effet de bord assez inattendu pour ma part. Mon passage sous Linux a très fortement réduit les sollicitations en tous genres. Au choix : "Je ne sais pas, ce problème n’existe pas sous Linux", valable pour les virus, troyens ou recherche de logiciels pour compléter Windows et "tu sais, ça fait 3 ans que je n’ai pas touché un Windows" qui vous fait retomber dans l’estime de vos amis et passer pour un incompétent. 😀

    Message à Élie : l’interruption de cet après-midi dans notre brainstorming, c’était ma mère qui avait un problème de connexion. 😉

  7. Moi j’ai dit à ma famille que je jouais du piano dans un bar le soir. En fait personne dans mon entourage ne sait que je fais de l’informatique. Je dis encore dans des conversations qu’Internet c’est nul et que ça ne marchera jamais, qu’on a tout ce qu’il nous faut avec le Minitel. Pour l’instant personne ne s’est aperçu de l’imposture…

  8. Haaaa ça fait plaisir de se sentir moins seul ! J’ai beau expliquer que je ne suis PAS informaticien, et que "travailler dans l’informatique" ne veut rien dire, ça ne change rien. Je sert quand même de SAV… je devrais peut-être indiquer des tarifs… combien ça peut valoir un rebootage 😉

  9. Le si gratifiant secteur de l’assistance informatique:
    DEPUIS QUE TU Y AS TOUCHE, CA NE MARCHE PLUS!!

    Comprendre: depuis que tu as vidé le cache Internet, je ne sais toujours pas installer une webcam exotique et il y a toujours un problème entre la chaise et le clavier 😉

  10. Tout pareil, mais…
    J’ai trouvé une parade absolue : "désolé, je travaille sur Mac, je n’y connais rien à Windows". Et pour une fois, le fait de travailler sur une plateforme minoritaire représente un avantage ! {généralement, les quelques proches qui ont des Macs s’en sortent tout seul}

  11. Informaticien de métier (j’ai 60 balais), je vis ça depuis la fin des années 90. Par contre je me suis étranglé en lisant la réponse de Tom (1er commentaire). Chacun a le droit d’avoir ses préférences, mais virer la config de l’utilisateur pour installer la sienne c’est gonflé et franchement mal élevé. C’est un peu comme, si sous prétexte de réparer ta télé, je virais le canapé et le salon Louis XV au motif qu’ils ne sont pas à mon goût pour les remplacer par de l’art deco que j’affectionne ! (j’utilise Firefox et Thunderbird mais ce n’est pas une raison pour l’imposer aux autres).

  12. Bienvenu Elie dans le cercle très trè ouvert des hotlines mobiles. Tu as oublié de préciser que tu deviens aussi un dépanneur quel que soit le problème et le type d’ordinateur ou d’OS : mac/pc.

    Pendant ce temps, les hotlines des FAI répondent à de tous petits % de maintenances résolues…

  13. «Tu es sur quoi ? Windows ? Ah désolé, c’est trop professionnel pour moi, j’y connais rien . Moi, en dehors de linux, je suis in-ca-pa-ble d’aider… nonononononon»

    Et hop, 92% des problèmes esquivés.

    Inconvénient : mon père est passé chez moi récupérer un cd d’install (y’a plus de 6 ans), mais au moins, il ne m’appelle plus pour des problèmes de virus, de programmes et… il se débrouille.

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