Édito : ce cher Web
Certaines évidences sont très difficiles à accepter, au point que tout un secteur d’activité peut être pratiquement dans le déni. Ce que le secteur refuse d’entendre tient en quelques mots : un site Web ça coûte très cher. Ça coûte très cher à concevoir, ça coûte très cher à produire, ça coûte très cher à maintenir et à faire vivre. Ça mobilise des compétences diverses et nombreuses, des spécialistes ayant des compétences rares et précieuses, sur des métiers qui mettent des années à s’apprendre et qui demandent une veille permanente. Les sites doivent être simples pour les utilisateurs mais obtenir cette simplicité apparente met un temps fou. Les sites Web impactent les processus, ils exigent des contenus et même des micro-contenus. Et sur tous ces aspects il est non seulement possible mais probable de se tromper. Alors, c’est pour cela qu’il existe des bonnes pratiques qualité, des référentiels accessibilité, des optimisations de performance, des obligations sur les données personnelles, des règles de sécurité. Et ça aussi, ça coûte cher. Sauf que comme tout le secteur, clients comme prestataires, techniciens comme rédacteurs, ont tendance à minimiser les coûts, les compétences et les temps de travail… En conséquence, le temps dédié à l’assurance qualité n’est pas non plus financé. Heureusement, ça commence à changer. Pour que tout le secteur sorte du déni, il faut le dire, le hurler même, parce que cela change tout : le web c’est cher.
Cet édito est proposé dans le numéro 69 de la newslettter mensuelle Opquast. Vous pouvez accéder aux archives et vous inscrire.