Webdesigners, intégrateurs, réflexions du vendredi soir
Francis publie sur son blog un billet intitulé « Le web designer doit-il savoir coder ?« . Les commentaires sont très intéressants, et le sujet est vraiment passionnant. Au détour de la conversation, j’ai laissé un commentaire qui précise un peu ce que je disais en 2006 dans ma présentation au Webdesign Festival International à Limoges, au sujet de l’évolution des métiers. Je reprends un bout de ce dernier commentaire pour faire écho au blog de Francis et le soumettre à votre sagacité. Le voici :
Alors, c’est quoi le webdesigner du futur, et c’est quoi, l’intégrateur du futur ?
Je me dis que sur la couche XHTML/CSS, on peut encore se permettre d’avoir des profils mixtes, mais avec l’arrivée de JS, d’AJAX qui manipule le XHTML, CSS, et même qui impacte toute la couche d’interactions, alors qu’il faut maintenir un bon niveau d’accessibilité, je ne vois sincèrement pas d’autre solution qu’une grosse spécialisation comme celle que je décris.
Maintenant, je ne dis pas que c’est bien, je pense simplement que c’est inéluctable. Et ce mouvement de fond n’aura pas que des avantages : nous allons perdre du fun, du plaisir de coder, de la compétence sur certains aspects. Nous allons surspécialiser et devoir inventer des modes de travail en parallèle et de communication entre les métiers, ce qui ne se fera pas sans mal, et il y aura sans doute pas mal d’autres conséquences, pas forcément faciles à gérer.
Le webdesigner du futur (si on est d’accord sur le vocabulaire, et c’est pas gagné non plus) sera un designer print qui sait gérer la dégradation élégante de ses contenus sur mobiles et pour des contextes de consultation très variables. Il saura dessiner des interactions ergonomiques, il connaîtra l’architecture de l’information, il saura travailler avec des personas, il saura écouter les besoins du client et faire des prototypes. Il saura également choisir des technos comme flash lorsqu’elles apporteront de la valeur ajoutée aux contenus.
L’intégrateur du futur saura manipuler tous les langages informatiques du front et saura les déployer de manière accessible à tous les contextes de navigation. Il saura implémenter ces éléments dans des CMS et fera le lien entre le design et les développeurs back. Il saura choisir des standards et des technologies pertinentes à la fois avec le design, les interactions, et les développements.
Présentez-moi le mec qui sait traiter correctement les compétences des deux profils ci-dessus, et je lui fais passer un contrôle antidopage 😉
Voilà, le débat continue, je vous invite à commenter le billet de Francis sur la question « Le webdesigner doit-il savoir coder » et à laisser vos réflexions ici même sur les deux profils que je m’efforce de définir ci-dessus.