Edito newsletter N°129 : Entrer sans frapper

Par Élie Sloïm, le 29 mai 2026, dans Éditos.


Le numéro 129 de notre newsletter de veille sort ce vendredi 29 mai 2026. Voici l’édito de cette édition. Pour vous abonner, vous désabonner ou accéder aux archives, consulter la page newsletter.

La notion de qualité est très largement utilisée par le grand public. Cela en fait un concept très facile à manipuler et, pourtant, le métier de qualiticien est relativement inconnu dans le domaine du numérique. Nous rencontrons des professionnels compétents et expérimentés et devons leur expliquer ce que les outils, les méthodes et les techniques de l’assurance qualité peuvent leur apporter. C’est très délicat, car plusieurs malentendus sont possibles.

  • « Vous parlez de qualité, vous questionnez donc notre compétence ? » Absolument pas. Quality control, qui a été traduit par contrôle qualité, signifie en fait maitriser la qualité. Nous ne questionnons pas la qualité de ce que vous produisez, nous demandons si votre niveau de qualité est sous contrôle.
  • « Vous vous adressez à tous les métiers, alors que chacun sait déjà très bien ce qu’il doit faire ? » Oui, les métiers de la qualité apportent un supplément de transversalité et cassent les silos. C’est nécessaire.
  • « Vous fournissez des règles et des méthodes de bon sens, nous les connaissons déjà. » Vous les connaissez, bien sûr, mais vous ne mobilisez pas forcément une méthode formelle pour comprendre les contextes utilisateurs. Vous ne formalisez pas forcément la façon dont vous déclenchez l’empathie. De plus, même en tant que professionnels expérimentés, vous avez forcément des biais et vous pouvez oublier des bases. C’est normal, c’est humain. C’est le facteur humain.
  • « En tant que qualiticien, vous répétez différemment des éléments présents dans d’autres référentiels ? » Pas exactement. En fait, nous créons de la transversalité entre les exigences de conformité en repartant de leur impact sur les utilisateurs. Nous y ajoutons les notions de visibilité et de services qui sont généralement peu abordées dans les référentiels de conformité.
  • « Vous présentez la qualité comme l’alpha et l’oméga du numérique ? » Non. La démarche qualité est nécessaire, mais pas suffisante. Si travailler avec des qualiticiens permettait d’arrêter de travailler et de former, ça se saurait. C’est évidemment vrai dans le numérique comme dans les autres industries.

Je pourrais continuer longtemps. Mais ce n’est que lorsque ces malentendus sont enfin dissipés que nous pouvons commencer à échanger. Avant que nous-mêmes, qualiticiens, puissions véritablement entrer dans le sujet avec vous, il nous faut souvent frapper à la porte : prendre le temps d’expliquer notre démarche et de rassurer nos interlocuteurs. Cette phase préalable est nécessaire. Ensuite, la démarche est lancée, et elle n’a pas de fin. C’est bien.