Edito newsletter N°132 : Coûts d’obtention de la qualité numérique

Par Élie Sloïm, le 28 octobre 2026, dans Éditos.


Le numéro 132 de notre newsletter de veille sort ce mercredi 28 octobre 2026. Voici l’édito de cette édition. Pour vous abonner, vous désabonner ou accéder aux archives, consulter la page newsletter.

Dans l’industrie automobile, il y a des personnes et des machines dédiées au pilotage et à l’amélioration de la qualité. Il y a du temps consacré à la prévention, au contrôle, à la recherche de défauts. Il y a du temps consacré aux rappels et à la garantie.

Tout cela a un nom : les coûts d’obtention de la qualité (COQ). Ils additionnent ce que l’on dépense pour bien faire (prévention, contrôle) et ce que l’on perd quand on fait mal (retouches, réclamations, garanties, clients perdus).

Dans l’industrie, les chiffres sont rares et discutés : selon les études, ces coûts vont de quelques pourcents à plus de 20 % du chiffre d’affaires. Ce qui est certain, c’est que les enjeux sont lourds : un rappel mondial dans l’automobile peut se chiffrer en milliards, comme celui des airbags Takata, estimé jusqu’à 24 milliards de dollars [1]. Dans un secteur où les marges sont faibles, comme l’automobile, ces coûts ne disparaissent pas : ils se répercutent directement dans le prix que vous payez. Quand vous achetez une voiture, vous payez donc une part significative pour sa qualité, et aussi pour sa non-qualité. Nous l’acceptons sans même y penser.

Qu’en est-il dans le secteur numérique ? Combien investissez-vous dans la sécurité, l’accessibilité, les données personnelles, l’optimisation, la maintenance, l’audit, le pilotage ? Combien vous coûtent les correctifs en urgence, les failles, les plaintes, les refontes ? Si vous ne savez pas répondre, vous n’êtes pas seul : une entreprise industrielle sur trois ne mesure pas ses coûts de non-qualité [2].

Si vous êtes comme moi, vous avez dû vous rendre compte ces derniers mois que développer semblait coûter de moins en moins cher. Dans le même temps, proposer des services solides et durables demande énormément de travail. C’est peut-être l’un des impacts de l’IA : il est maintenant possible de faire vite et pas cher, mais la part de la qualité dans le coût total du service devient de plus en plus visible.

Au-delà de rendre visibles les coûts d’obtention de la qualité, l’usage de l’IA rend également possibles de nouveaux chantiers d’amélioration. Il y a encore quelques mois, nous étions paralysés devant des montagnes de code et d’applications développées par des humains, pas toujours de bonne qualité. L’IA en produit désormais aussi, beaucoup, et pas toujours mieux. Mais il devient imaginable d’utiliser l’IA pour racheter de la dette technique, améliorer ou reprendre du code legacy. Dans tous les cas, il faut investir et pas n’importe comment.

Alors, à combien se monte le pourcentage du budget de votre organisation numérique dédié aux coûts d’obtention de la qualité ? Et demain ?

Sources :